Survivre dans la jungle du Congo

Survivre dans la jungle du Congo

Survivre dans l'enfer de la jungle du Congo

 

 

Salut les aventuriers !

 

   Aujourd’hui je vous amène dans la forêt du bassin du Congo qui est située au centre de l’Afrique pour une épopée survie. Il s’agit de la deuxième plus grande forêt du monde après la forêt amazonienne. Elle couvre à elle seule plus de deux millions de km² et est partagée entre 6 pays : le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale.

 

L’aventure que je vais vous raconter aujourd’hui est probablement l’une des plus intenses que j’ai eu la chance de vivre. La jungle est véritablement un endroit qui me fascine. Mais elle reste néanmoins l’un des pires biotopes où vous pouvez vous retrouver en état de survie. Ici pas le moindre cadeau, et tout, véritablement tout peut vous tuer ! Aucun homme moderne n’est préparé pour survivre dans la jungle sans un entrainement long et difficile. Ici, les animaux peuvent vous tuer en un instant, les insectes et les serpents aussi, sans oublier la végétation et l’eau qui sont mortels en cas de mauvais choix.

 

 

Mon aventure commence à Bukavu près de la frontière entre le Rwanda, la RDC et le Burundi. Quarante degrés Celsius. Environ 90 % d’humidité. Des mètres de pluie qui tombe chaque jour. Voilà les conditions communes des jungles tropicales du bassin du Congo, la plus grande forêt d’Afrique. Une chose que mes années d’expérience en survie m’ont appris c’est qu’il ne faut jamais paniquer. Lorsque vous sentez que vous êtes égaré ou sur le point de faire un mauvais choix, il faut toujours faire une pause et réfléchir aux différentes options. Prenez une très grande respiration et restez toujours zen.

 

 Les limites de votre volonté sont réellement les seules barrières qui existent. A chaque fois que je pensais avoir atteint mes limites physiques, j’ai toujours été capable de les dépasser. Toujours. Lorsque je me suis retrouvé sans nourriture pendant dix jours ou bien les veines arrachées et pendantes dans le vide, c’est en restant calme et en m’économisant que j’ai réussi à me sortir de ces situations. Il faut toujours avoir cela en tête, dans n’importe quelle situation, vous allez survivre si vous restez calme et réfléchi.

 

Connaissez-vous la règle des 3 ? Elle est simple. Il est possible de survivre environ 30 jours sans nourriture, mais seulement 3 jours sans eau et 3 minutes sans oxygène. Lorsque vous vous trouvez en situation de survie, il faut absolument définir vos priorités. Faites-moi confiance, la sensation de déshydratation est probablement l’une des pires sensations qui existe. Pas autant que la plus grande douleur physique que j’ai ressentie qui reste pour moi la morsure d’une scolopendre géant dans la nuque. HORRIBLE ! Bien pire que tous les autres insectes ou serpents qui m’ont mordu au cours de mes aventures. Néanmoins la déshydratation est bien plus sournoise et bien plus mortelle que la scolopendre.

 

Si la nuit approche, la priorité numéro une est de trouver un abri sûr, ce qui n’est pas forcement chose facile dans la jungle du Congo. S’il est tôt, penchez plutôt pour la quête de la ressource en eau potable ! Au cours d’une journée dans la jungle, vous pouvez perdre jusqu’à 12 litres d’eau juste en transpiration. Vous serez déshydraté sans même vous en rendre compte ! C’est pourquoi il ne faut absolument pas attendre d’avoir soif pour boire. Rassurez-vous, l’eau est présente en abondance dans la jungle, à condition de savoir où chercher. La première méthode consiste à récolter l’eau de pluie, car vous devez le savoir : il pleut beaucoup ici. Enormément même. Vous allez donc être trempé jusqu’aux os, mais c’est plutôt une bonne nouvelle car vous aurez de quoi boire à condition d’utiliser le bon réceptacle. Même si je connais très bien la végétation, j’évite en général d’utiliser des feuilles pour récolter l’eau. En effet, énormément d’entre elles sont toxiques et il suffit d’une seule erreur sous la pluie et dans la précipitation pour y passer. Moi, quand c’est possible j’utilise un bambou, une peau de serpent vidée ou bien simplement mes mains.

 

Une autre possibilité est de se servir dans les rivières que vous trouverez dans la jungle, mais uniquement si l’eau n’est pas stagnante ! L’autre impératif est de toujours faire bouillir cette eau pour éviter toute contamination aux bactéries ou parasites très nombreux ici, je vous en parle un peu plus tard. Pour cela je vais vous apprendre à faire du feu dans la jungle dans les paragraphes suivants. Enfin la dernière précaution impérative est de toujours être très prudent en allant se servir dans les fleuves ou ruisseaux. De très nombreux prédateurs vous attendent là, juste sous la surface de l’eau. J’ai failli avoir de très gros problèmes avec des crocodiles et de gros serpents constricteurs à plusieurs reprises.

 

Enfin, vous pouvez aussi utiliser des lianes qui sont souvent gorgées d’eau filtrée naturellement, mais il faut toujours bien faire attention à ce que l’eau ne soit pas contaminée ou habitée. Je me suis retrouvé avec des scolopendres et autres millepattes sympathiques dans la bouche. Je vous assure que vous ne voulez pas être piqué par ces bestioles à l’intérieur de votre bouche ! Mais là aussi, attention au choix des lianes si vous ne connaissez pas très bien l’environnement qui vous entoure, nombreuses d’entre elles sont toxiques, voir mortelles.

 

La dernière technique que j’utilise souvent, particulièrement dans le désert quand il y a un minimum de végétation, c’est le puits solaire qui va nous permettre d’obtenir de l’humidité condensée. Pour cela il vous faudra dans un premier temps creuser un trou dans le sol en faisant attention à ne pas creuser au-dessus d’un terrier ou d’un trou de serpent ou de mygale. Placez y un récipient imperméable, et disposer autour de la végétation, comme des feuilles humides non toxiques. Ensuite il vous faudra couvrir le trou avec un K-Way, un sac en plastique ouvert ou une couverture de survie, puis disposer des pierres autour pour maintenir bien en place la couverture fabriquée au-dessus du trou creusé. Ensuite il faut correctement poser une petite pierre sur la couverture plastique juste au-dessus du réceptacle. Au bout de quelques heures, la condensation apparaîtra naturellement sur le plastic, à l’intérieur du dispositif et grâce à la petite pierre posée au centre, l’eau coulera toute seule dans le réceptacle prévu à cet effet. Et BIM, santé ! En utilisant toutes ces techniques, vous devriez résoudre le problème de l’eau.

 

 

Comme je vous l’ai déjà dit, si la nuit arrive, votre priorité sera de trouver un abri. Pourquoi ? Parce que sans abri la nuit, vous êtes mort ! Les gros prédateurs du bassin du Congo chassent majoritairement de nuit. Ils vous verront de très très loin, alors que vous non. Enfin, si vous avez une lampe, passez-la de nuit autour de vous. Si vous apercevez des pupilles jaunes dans la nuit, c’est le début (et probablement la fin aussi du coup) de vos problèmes. Surtout restez calme, ne courrez pas, sortez votre machette, et grossissez-vous autant que possible. Alors je vous rassure, au moment où le fauve va rugir vous allez perdre tous vos moyens, c’est normal et cela m’est arrivé plus d’une fois. Surtout, je le répète, ne courrez pas !

 

Quand je travaillais avec les associations de protection des guépards en Namibie et en Afrique du sud, je me rappelle que le moindre petit bébé guépard trop mignonnet devenait une véritable machine à tuer dès que l’un de nous se mettait à courir. C’est dans leur instinct, et peu importe votre machette, si vous courrez vous êtes mort. L’abri est aussi important car lorsque l’on est trempé toute la journée, on a froid même si les températures dépassent facilement les 40 degrés.

 

Autre petite info sympa, vous allez pourrir. Oui oui, littéralement moisir. Vous voyez l’état de vos pieds quand vous sortez du bain chaud après une heure le dimanche soir devant votre match de foot sur Canal ? Et bien imaginez la même chose, mais non-stop pendant 3 mois de traversée ! Des choses vont littéralement pousser sur vous. Des champignons et autres parasites biens sympas, que malheureusement je n’ai jamais réussi à cuisiner. Bref, trouvez un abri, faites y un feu et séchez-vous !

 

Vous pouvez fabriquer un toit à partir d’un gros tronc ou d’une grosse branche qui touche le sol. En disposant sur les côtés autour de la structure, des branches et des feuilles qui vous protégeront un petit peu des intempéries, des insectes, des fourmis et des moustiques. Ha les fourmis et les moustiques, mes préférés ! Probablement le pire cauchemar de vos nuits dans la jungle. Ils sont partout. ABSOLUMENT PARTOUT ! Si les moustiques peuvent vous tuer en vous transmettant les pires maladies comme la dingue ou la malaria, il ne faut surtout pas négliger cet animal passionnant qu’est la fourmi ! Comme tous les gamins des années 80, je suis passionné par les fourmis depuis l’enfance après avoir lu « Les fourmis » de Bernard Werber. Dans mon appartement parisien, j’ai d’ailleurs une grande fourmilière que je passe des heures à admirer entre deux expéditions lors de mes retours repos sur Paris. Oui je sais, je suis un peu chelou comme mec. Mais alors dans la jungle, qu’elle saloperie ces fourmis ! Elles se déplacent par centaine de milliers à une vitesse hallucinante et elles dévorent tout. Mais vraiment tout ! Plastique, nylon, cheveux, peau, os, bois etc. Oui, car là on ne parle pas des fourmis rouges qui t’embêtaient l’été en vacances au Cap d’Agde. On parle de fourmis qui font la taille de ton ongle !

 

 

La plupart du temps, je dors en hamac lors de mes expéditions. Mais il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver sans hamac car ces petits coquines m’ont envahi durant la nuit et ont dévoré les cordes de mon hamac. J’ai depuis trouvé une technique qui marche plutôt bien : je frotte tous les soirs les cordes de mon hamac sous mes bras et entre mes jambes. Il est vraiment chelou ce mec ! Non, l’acidité de la transpiration fait office de répulsif naturelle, et j’évite de me réveiller le matin avec des bout de chair en moins qui vont s’infecter dangereusement en moins de 48h. Une autre option reste de trouver une grotte ou amas de rochers. Par contre méfiez-vous, il y a très peu de chance que vous soyez le seul à avoir repéré cet abri, et vous allez souvent y trouver de la compagnie plus ou moins friendly.

 

Lors des 3 dernières semaines de mon périple, après que les fourmis aient mangé mon hamac, j’avais pris l’habitude de monter dans un arbre et de m’accrocher le corps à l’arbre avec des lianes. Alors on est loin du Marriott, les serpents et les singes viennent vous gratter l’amitié toute la nuit, mais au moins on est protégé des prédateurs plus gros au sol.

 

Maintenant je vais vous apprendre un incontournable qui va vous sauver la vie : faire du feu ! J’ai longtemps pratiqué et appris ces techniques auprès des plus grands experts en survie et vie sauvage : les Himbas de Namibie et les Bushmen du Botswana. Sans feu, impossible de se réchauffer la nuit et d’éviter de moisir, d’éloigner les prédateurs et insectes, et surtout de cuisiner et faire bouillir votre eau. Par contre, allumer un feu dans la jungle avec toute cette humidité est très très compliqué, sachez-le. Il vous faudra d’abord trouver un endroit protégé des pluies abondantes, puis isoler le feu du sol humide en le mettant par exemple dans le creux d’une buche sèche et taillée. Etant donné que tout est mouillé ici, je récupère souvent de la sève d’arbre qui est un excellent combustible. Pensez aussi à récupérer des plumes ou l’intérieur des écorces. Attention, certaines écorces sont néanmoins toxiques, comme quasiment tout ici. Disposer bien les éléments de manière aérée, en mettant les morceaux les plus fins à la base du feu.

 

Je voyage tout le temps avec mon couteau et ma pierre à feu. Mais si jamais vous êtes dans une situation où vous n’avez aucune allumette, briquet ou pierre à feu, essayez dans un premier temps d’allumer le feu avec le soleil à travers le verre de vos lunettes, de votre montre ou de votre boussole. Il faut s’armer d’un peu de patience. J’ai une fois utilisé un préservatif rempli d’eau et cela a aussi  très bien fonctionné. Par contre, si le temps est nuageux, vous allez devoir passer de longues heures à vous activer et être très patient. Mais n’oubliez pas, cela va vous sauver la vie !

 

Je vais vous apprendre à utiliser la méthode de la friction qui est pour moi la plus efficace dans la jungle. Après avoir eu les mains en sang et couvertes d’ampoules si souvent avec les Himbas, je ne suis maintenant pas trop mauvais pour allumer un feu avec cette méthode. Il faudra utiliser l’échauffement produit par le frottement de deux éléments en bois pour produire de la sciure. En frottant très rapidement et longuement, cette sciure va être portée à incandescence et former une petite braise qui pourra enflammer un combustible très inflammable. Une fois votre petite flamme produite, il faudra utiliser du petit bois pour obtenir une flamme plus conséquente. Le gros bois sera rajouté par la suite calmement et sans étouffer le feu.

 

Dans la jungle, pensez à toujours avoir votre machette ou un long bâton en forme de Y à portée de main. En forme de Y car c’est la forme la plus adéquate pour maitriser un serpent. D’ailleurs, à condition de couper la tête, les serpents sont succulents et j’en cuisine souvent. Parfois quand il n’est pas possible d’allumer un feu, j’en mange certains crus, comme je pourrais le faire avec du poisson. Il est quand même toujours préférable de faire cuire votre alimentation. Une fois la tête du serpent coupée, attention à bien l’éloigner ou l’enterrer car elle peut encore vous mordre pendant de longues heures. Assez flippant.

 

 

Vous pensiez avoir été prévoyant en prenant un traitement contre la malaria et vous êtes probablement vacciné contre la fièvre jaune et la dengue. C’est bien. Mais cela ne vous empêchera absolument pas d’être contaminé quand même. C’est pour cela que je ne prends jamais d’antipaludéen. De plus, contrairement à ce que va vous dire votre pharmacien, vous allez quand même être malade et faire des cauchemars avec ces médicaments. De plus, suivre ces traitements pendant une semaine OK, mais pendant 3 mois d’expédition minimum ce n’est absolument pas possible et horrible pour votre organisme. En plus des moustiques, les forêts tropicales du Bassin du Congo regorgent de parasites que vous ne voulez absolument pas attraper: microfilaires, trichocéphales, ascaris, amibes, trypanosomes, plasmodium etc. Tous sont là et vous attendent ! Et forcément j’ai eu l’occasion de tous les rencontrer en personne. Je ne vous les recommande pas, ils ne sont pas supers sympas ! Certains passent par le biais des moustiques, d’autres par les mouches, d’autres par le contact buccale et puis certains directement à travers votre peau sans demander la permission. Bref, de vraies saloperies qui vous cloueront au sol si vous ne faites pas attention à votre hygiène de vie. Il m’a fallu plusieurs mois pour me débarrasser d’amibes un peu trop amicaux. Et bien sûr je ne pouvais pas finir ce paragraphe plein d’amour, sans parler de mes amis les tiques qui aiment se glisser dans tous les replis de votre corps ! Oui oui, tous ! Pensez donc bien à vérifier vos aisselles, entre vos orteils et doigts, derrière vos oreilles, et surtout dans la région des organes génitaux et l’anus. Voilà comme ça s’est dit, vous ne viendrez pas vous plaindre ensuite ou me demandez de venir vous enlever un tique mal placé haha.

 

Dans la jungle, les attaques de moustiques sont incessantes 24H/24. Je vais vous donner des techniques simples pour vous défendre et vous protéger. Déjà, portez toujours des vêtements couvrant votre corps. Chaque partie libre sera dévorée. Gardez ça en tête ou vous le regretterez. Pour les parties que vous ne pourrez pas protéger malgré tout, pensez à appliquer de la boue, qui en séchant vous protégera des piqures. Sinon, je vais vous présenter une méthode que j’adore avec l’aide d’un autre insecte qui me passionne aussi : le termite ! N’ayez pas peur, poser votre main directement sur une termitière, et attendez que les petits insectes envahissent votre main en grande quantité (pas de panique, c’est sans danger). Ensuite, malheureusement il faudra les écraser et les frotter sur la peau. Etant donné que les termites se nourrissent de bois souvent toxiques dans la jungle, cela fait un répulsif naturel très efficace lorsque vous les écrasez. En cas de petite fringale, n’hésitez pas à manger vivant autant de termites que possible, ils sont relativement bons. Ne mangez jamais la reine SVP par contre afin de ne pas tuer la colonie.

 

Malheureusement la nuit, le nombre de moustique est multiplié par 100 et les techniques précédentes ne suffisent plus. C’est pourquoi je brule du bois humide pour faire un maximum de fumée, et imbibe mon corps dedans. Cette fumée va naturellement éloigner les insectes. Une fois de plus, attention à ne pas bruler du bois toxique. Lorsque j’étais jeune diplomate en Namibie, on a retrouvé le corps de 8 touristes allemands morts en cercle autour du feu. Rien à voir avec un sacrifice rituel d’une secte, mais simplement des touristes qui avaient brûlé le mauvais bois.

 

 

Sachez que dans la jungle vous perdez une énergie faramineuse juste en vous déplaçant à travers la végétation épaisse et hostile. Il vous faut donc aussi manger suffisamment pour subsister. Ça tombe bien, car la jungle regorge de nourriture. Encore faut-il réussir à l’attraper et laisser de côté celle qui est mortelle. Chasser un animal demande énormément d’énergie, parfois plus que l’énergie que vous allez gagner en mangeant votre proie. Tout est alors une question de bon choix et de justes milieux. Chassez à la main ou à la machette est très compliqué. J’excelle dans ce domaine, même si il est toujours assez perturbant pour moi après toutes ces années d’ôter la vie à un animal.

 

Malheureusement la survie c’est ça aussi, faire des choix compliqué pour subsister. Pour ceux qui ne sont pas des experts dans la traque animale, je vous conseille plutôt de confectionner des pièges qui vous affaibliront beaucoup moins physiquement et mentalement. Le piège à collet est assez efficace, mais assez compliqué à poser. Je vous conseille un piège simple et efficace. Creusez un trou profond dans un lieu de passage évident des gros mammifères. Disposez au fond une quinzaine de bout de bois très bien taillé en pointe vers le haut. Recouvrez de légères brindilles, puis de grandes feuilles. Lorsque l’animal passera dessus, il tombera un mètre plus bas, sera embroché et tué immédiatement. Simple et efficace. Pensez SVP à bien tailler vos pointe afin d’éviter une souffrance trop grande à l’animal qui doit être tué sur le coup. Faites le tour de vos piège toutes les 2h environ. Attention aux prédateurs qui pourraient avoir trouvé votre proie avant vous, ce genre de rencontre est toujours extrêmement dangereux quand il y a un butin en jeu. La pêche est aussi une excellente façon de trouver de la nourriture. Il vous faudra fabriquer un harpon avec un bambou dont vous allez découper l’une des extrémités en 4 pointes aiguisées. Patientez ensuite en cachant votre ombre au bord d’une rivière, et attendez le passage d’un poisson pour le harponner le plus rapidement possible.

 

 L’autre technique que j’utilise pour me nourrir est d’observer les animaux se nourrir, et plus particulièrement les singes. Si il le mange, alors toi aussi tu peux le manger sans trop de risques. Sinon il existe des millions d’insectes à manger dans la jungle du Congo. Il ne faut pas faire le difficile. Quand tu as faim, tu t’en fous, et tu manges tout ce qui passe près de ta bouche. Ton cerveau ne fonctionne plus de la même manière. Tu ne penses qu’aux vitamines, aux protéines et à survivre.

 

 

L’orientation est aussi essentielle dans la jungle. Il est essentiel de définir un cap et de s’y tenir. Je passe ma journée à grimper aux arbres car j’adore ça. Pour vous repérer je vous conseille donc de grimper en haut du plus haut arbre que vous trouverez ou d’aller sur une colline. Ainsi vous pourrez déterminer vers quelle direction aller. Cette étape est absolument vitale, n’hésitez pas à consacrer du temps et de l’énergie. A quoi bon s’user en marchant dix kilomètres dans la jungle si vous n’allez pas dans le bon sens ? Quand j’ai l’impression d’être perdu ou de tourner en rond, je laisse des repères évidents dans la jungle derrière moi pour ne pas repasser au même endroit : branche cassées, tas de pierres ou flèches sur le sol. Si vous êtes vraiment perdu, une technique très efficace consiste à suivre des traces d’animaux au sol qui convergent souvent vers un cours d’eau, lui-même vous menant la plupart du temps à un village ou un campement. Gardez toujours en tête que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest dans les deux hémisphères.

D’habitude je m’oriente la plupart du temps grâce aux étoiles, mais malheureusement dans la jungle la végétation est si dense qu’il est très compliqué de voir le ciel pendant plusieurs jours parfois. On entend souvent parler de la méthode des mousses. Cette méthode est très aléatoire selon moi, et encore plus dans la jungle épaisse. La mousse ne pousse pas au Nord comme on l’entend souvent, mais suivant plutôt l’orientation des vents dominants. Utilisez plutôt mes autres techniques.

Vous allez rencontrer énormément d’animaux dans la jungle du Congo. Les premiers dont je veux parler sont bien évidemment les grands singes qui me passionnent. Tellement d’humanité dans leurs yeux. Savoir qu’on les chasse et les massacre par nos actions, me dégoûte profondément. Mes contacts avec les bonobos ont été incroyablement intenses et inoubliables. Il faut vraiment n’avoir jamais rencontré un bonobo pour penser que les animaux n’ont pas de sentiments et ne communiquent pas. Je les ai vu rire à pleine dents, jouer avec des objets, se confectionner des outils pour chasser et se nourrir. Incroyable ! Même chose pour les chimpanzés ou les derniers gorilles. Que d’humanité dans leurs yeux et actions !

 

 

Dans cette jungle, nous sommes sur le territoire du terrible et splendide léopard. Souvent je rencontrais des carcasses ensanglantées et encore chaudes qui venaient me rappeler que j’étais bel et bien sur son territoire. Le léopard est extrêmement discret, et peut alors vous espionner pendant des heures sans que vous vous en aperceviez. J’ai effectué des centaines et des centaines de safaris en Afrique du Sud, au Botswana ou en Namibie, et je n’ai pu l’apercevoir qu’à de très rares reprises.

Et enfin, il existe aussi un autre roi de la jungle qui est l’éléphant de forêt. Malgré sa taille, il agit comme un fantôme dans la forêt sans aucun bruit, d’où mon admiration pour cet animal. Il n’a peur de personne et tout le monde le craint. Quel moment magique de tomber sur lui au détour d’une clairière ou d’un ruisseau ! Le gros problème c’est qu’actuellement les éléphants de forêts sont massacrés dans le bassin du Congo. En effet, plus de 80% d’entre eux ont déjà été exterminé en vingt ans. Il est reconnu que leur disparition affecte tout l’écosystème des forêts tropicales. C’est pour cela que je me bats à côté de nombreuses associations pour éviter ce massacre et éviter ce qu’on pourrait bientôt appeler le syndrome des forêts vides.

 

 

L’un des plus grands dangers auquel j’ai dû faire face dans la jungle du Congo, c’est l’homme. En effet, ce pays pour lequel j’ai une immense passion figure malheureusement parmi les pays les plus pauvres et les plus instables du monde. Dans mon ancienne vie j’ai beaucoup bourlingué sur les zones de guerres, mais le Congo est probablement dans mon top 5 des pays où j’ai vu le plus d’atrocités. La richesse immense de son sous-sol en minerais rares et précieux est aussi son plus gros défaut. Cette richesse attire en effet les convoitises de ses voisins et des occidentaux. Ceci, allié à une corruption endémique, entraine des guerres et massacres chroniques depuis son indépendance, en 1960, dont malheureusement les médias font très peu d’écho. Ces guerres provoquent des millions de morts, essentiellement des civils obligés de fuir dans les forêts et jungle que j’ai traversée. Ainsi, à cause des massacres à la machette de centaine de milliers d’hommes et femmes dans les villages par des hordes de milices et de mercenaires, on estime aujourd’hui à près d’un million d’enfants qui se sont précairement enfuis et perdus dans les forêts tropicales du bassin du Congo ! J’ai pu en croiser quelques-uns, toujours très effrayés de me voir avec ma grosse barbe et ma machette.

 

Ces victimes de tueries sont aussi malheureusement confrontées à de très nombreuses maladies comme le virus Ebola. Lorsque vous traversez la jungle sur plusieurs semaines, l’infection qui se transforme en gangrène ou les virus mortels comme Ebola sont l’une de vos pires craintes. Perdu et isolé comme je le suis, si je contracte l’une d’elles, mon espérance de survie est de 0%.

 

Durant mon périple, j’ai pu rencontrer énormément de personnes mutilées, violées ou les pires de tous : les enfants soldats. Le cerveau complètement lavé, nourris à la violence et complétement défoncés au BoomBoom (mélange de cocaïne et de poudre de balles), la moindre rencontre avec ces pauvres enfants serait probablement la dernière chose que vous feriez de votre vie. C’est pourquoi, durant mes expéditions, j’ai toujours appris à me déplacer rapidement mais le plus discrètement possible. Pour survivre vous devez être une ombre, pas une proie. Si vous rencontrez des troupes ennemies comme des soldats rebelles ou des enfants soldats, vous devez absolument respecter les règles suivantes. Toujours vous fondre dans la jungle. On évite donc la doudoune rose fluo de décathlon ou les revendications en gilet jaune dans la jungle. Comme je vous l’ai déjà dit, essayer de vous couvrir le corps de boue. Pas sur les vêtements non plus car vous risqueriez d’être trop lourd et de laisser des traces visibles de votre passage au ennemis. Vous pourrez ainsi vous protéger des moustiques, mais aussi pour vous camoufler.

 

Lorsque vous arrivez en zone de guerre, déplacez-vous uniquement de nuit et SANS LA MOINDRE LUMIERE ! Vous seriez repéré à des kilomètres. Par contre, à l’inverse, vous allez ainsi pouvoir repérer les hommes armés de très loin en restant attentif et silencieux. Ne vous inquiétez pas, vos yeux vont très rapidement s’adapter au manque de lumière. Faites l’expérience chez vous dans le noir, vous verrez vite à quel point le corps humain s’adapte. Evitez de vous déplacer les soirs de pleine lune, vous seriez trop facilement repérable. Dormez caché quelques heures la journée, et profitez-en pour observer les mouvements des troupes ennemies et pour analyser leur quotidien. Le prochain conseil va vous paraitre étrange, mais voyagez toujours seul. Vous pouvez gérer vos propres déplacements et vos craintes, pas ceux des autres. Enfin, même repéré, ne paniquez pas ! Plus vous stressez, plus vous vous fatiguez et plus vous avez des chances d’être abattu. Une fois repéré, après avoir évité les premières salves des armes à feux, il ne sert à rien de courir le plus loin possible et de s’épuiser. C’est là qu’on fait les plus grandes erreurs et qu’on risque la mort. Dès que vous serez suffisamment éloigné de l’ennemi, vous avez quelques secondes salutaires pour trouver une cachette efficace. Attention, vous n’aurez vraiment que quelques secondes, donc choisissez bien. Si vous avez repéré un arbre où grimper et vous cacher, assurez-vous de bien pouvoir grimper au sommet avant le retour des rebelles. Remonter un ruisseau sur quelques mètres est aussi toujours une bonne idée pour cacher ses traces de pas. Ces choix que vous allez faire en quelques secondes vont déterminer votre capacité à rester en vie.

 

 

 

Plusieurs mois dans cet enfer  paradis vert m’ont appris que la jungle est un véritable océan d’émeraude vivantes. En se concentrant, on peut véritablement l’entendre vivre et respirer. A longueur de journée, la canopée évapore ses propres nuages, puis attend en retour la pluie qui l’a fera vivre  à travers un cycle de l’eau parfaitement programmé. Une incroyable biodiversité fait ainsi fonctionner l’écosystème dont nous avons tant besoin. Cher ami aventurier, tu as besoin de respirer. Tu n’as pas besoin d’un nouveau meuble Ikea. Une merveille incroyable qu’il faut donc protéger. Au contraire, l’homme la massacre de tous les côtés. Cela me rend malade.

 

J’espère vous avoir appris quelques petites techniques utiles aujourd’hui, et surtout comme d’habitude, vous avoir donné envie de voyager et de vous dépasser ! N’hésitez pas à laisser un petit commentaire ou à partager l’article.

 

Allez, bon voyage les amis !